Lundi 30 mars 2009
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22:21
Ce texte fait suite à
Danny et
Nida publiés précédemment.
Je me sentais en vacances.
En vacances comme je ne l’avais jamais été.
Déjà, parce que je n’ai pas l’habitude de partir pendant les vacances. Ensuite, parce que la plupart du temps, mon père préférait que j’en profite pour aller travailler !
Là, je me sentais vraiment libre. Libre comme jamais auparavant. Partir n’est pas courant. Mais sortir de son propre corps ?
S’en libérer, n’est-ce pas le rêve le plus excitant qui soit ?
Me libérer de cette carcasse étroite et maladroite, ce grand corps maigre et blanc surmonté de cette tignasse rousse que je ne supportais plus ?
Bon, évidemment, cela ne valait que le temps du rêve. Je savais que j’allais me réveiller d’un moment à l’autre. Je m’imaginais en train de dormir tranquillement sur le dos, un large sourire aux
lèvres, tandis que mon esprit, habitant ce corps de grand gaillard noir déambulait à présent dans les rues de la ville.
Le temps de prendre une douche rapide, l’occasion pour moi de me familiariser avec le corps de Nida, et de gober un bol de chocolat au lait, j’étais donc sorti.
Les fringues n’ont jamais été mon fort. En général je me suffisais très largement du premier pantacourt-tee-shirt qui me tombait sous la main.
Mais pas cette fois. Mes pas me guidèrent donc vers le centre-ville, et ses magasins à la mode.
Dans les oreilles résonnaient les accords de mon lecteur mp3. Souriant largement, je marchais gaiement. D’ailleurs je dansais plus que je ne marchais vraiment. Et ça me plaisait énormément. Déjà
parce que j’ai ainsi pu vérifier que, comme je le disais à mes conquêtes virtuelles, Nida était très bon danseur. Les pas s’enchaînaient avec une fluidité incroyable, tous mes mouvements étaient
harmonieux. Moi qui avais l’habitude d’être si maladroit !
Et puis ça amusait les passants de me voir si joyeux. Certes, j’étais probablement un peu ridicule, voire plus qu’un peu, mais comme je le faisais bien, je ne sentais dans le regard de ces passants
que de la surprise et de la bonne humeur. Pas ce ridicule que j’aurais dû inspirer.
Il m’a même semblé voir, chez une adolescente qui accompagnait ses parents, une pointe de désir.
Je ne pourrais pas le jurer pourtant, parce que je n’ai jamais suscité ce type de sentiment pour quiconque je crois. Mais là j’en étais presque sûr ! Du désir ! Pour moi !
Dieu que c’est bon !
J’atteignais ainsi rapidement le centre-ville, véritable ruche à magasins de prêt-à-porter. Sur les devantures, dans les vitrines, étaient accrochés les posters de chaque marque, exhibant leur plus
beau mannequin pour mettre leurs vêtements en valeur.
Et une fois n’est pas coutume, je ne ressentais aucune jalousie vis-à-vis de ces mannequins ! Aucun complexe d’infériorité.
J’entrai alors dans un chic magasin comme un roi dans son royaume, saluant d’un sourire une jeune vendeuse blonde.
Moi qui n’avais pas l’habitude d’essayer les vêtements en magasin, me voilà bientôt attraper ceux que je trouvais les plus sexy, les plus courts, les plus tape-à-l’œil, les plus moulants qui
mettraient en avant ma nouvelle musculature et courir vers les cabines afin d’y admirer mon reflet, et cette silhouette impeccable que je ne me lassais pas de regarder, dans un élan de fierté.
Puis, la jeune vendeuse blonde vint me rejoindre, du côté des cabines, pour me conseiller. Qu’elle était belle ! Le visage clair, orné de deux grands yeux verts, une bouche timide aux fines lèvres.
Sa silhouette surtout était superbe. De belles jambes chaussées d’une paire de bottes brun qui affinait encore ces jambes interminables qui allaient se cacher sous une robe d’été légère, et qui ne
cachait rien des formes généreuses de son décolleté.
Ce qui était étrange, étrange pour moi, du moins, ce sont ces regards qu’elle me lançait. Je n’ai jamais été très discret lorsque je regarde une femme, mais celle-ci ne semblait pas s’en offusquer.
Au contraire, elle semblait flattée, presque touchée. Et elle en faisait de même. Elle ne manquait pas une occasion de me regarder. Pour juger des vêtements qu’elle me vendait, évidemment,
mais j’avais l’impression que ça allait plus loin.
Alors que j’entrai une dernière fois dans la cabine, pour remettre mes premiers vêtements, elle en écarta doucement le rideau, et, après un regard à mon postérieur, elle me glissa à l’oreille de sa
voix la plus sensuelle
« Venez me chercher à la fermeture du magasin. Et après vous avoir aidé à vous habiller, je vous aiderai à vous déshabiller… »
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Publié dans : Ecriture
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