Mardi 6 janvier 2009
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C'est toujours amusant de se promener sur les flancs de montagne.
Immanquablement, on y trouve ces marques dans la neige, de celui qui a voulu fouler de son pied un territoire vierge.
Et finalement, dans cette simple trace, à quelques centimètres pourtant du sentier, on retrouve ce trait profondément humain. Cette volonté d'être le premier. La volonté de faire ce que jamais
personne n'avait fait avant nous. Comme si le poids de l'Humanité nous écrasait, et nous narguait d'un oeil moqueur :
"Regarde ce que nous avons accompli, les territoires qie nous avons colonisés ! Sauras-tu t'en montrer digne ? Sauras-tu apporter ta pierre à cet édifice ? Seras-tu de ceux qui nous ont fait
avancer, ou de ceux qui en ont profité ? "
Et je pense que cette culpabilité est enfouie profondément en nous, qu'elle s'est inscrite dans nos gênes. Et qu'elle s'empire de génération en génération. Car avec l'accélération des découvertes
du siècle dernier, notre inutilité ne se fait que plus flagrante. Et, en posant le pied sur la Lune, Neil ne m'a pas montré le chemin de l'aventure, mais son achèvement.
Saurai-je faire mieux ?
Saurons-nous faire mieux ?
Y a-t-il seulement mieux ?
Alors on s'invente des moments de gloire. On s'invente artiste : on écrit, on peint, on joue de la musique et on rêve de télévision, étrange et éphémère achèvement.
Ou on tente de séduire de jeunes filles vierges, façon d'être incomparable, de marquer sa vie de manière indélébile, de souiller l'immaculé.
Ou on marche dans la neige.
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