Vendredi 25 avril 2008 5 25 /04 /2008 08:00

 

 

 

 

Envie d'évasion.

 

 

Un texto. Un simple texto. Comme il s'en envoie des milliers chaque jour. Comme il s'en reçoit environ autant chaque jour (damnés opérateurs ! !!). Un texto arrivé au bon moment, au bon endroit...

 

 

Il est là, sur son ordinateur. Mais il est ailleurs. Par le simple contact de ses doigts. Par cette transmission électrique miraculeuse, il communique, il partage. Il témoigne ses pensées par des mots, autant qu'il le ferait par la parole. Parfois, même, il s'exprime à voix haute avant de le retranscrire par écrit. C'est dans ces moments là qu'il se dit qu'il y va peut-être un peu fort, que ça tient peut-être un peu de la folie... Il se dit qu'il fuit sa vie, quelque part, en faisant ça. Qu'il s'invente un personnage. Qu'il se recrée une identité à lui, lui qui ne supporte plus sa propre vie. Un exam encore demain. Un exam pour cette formation dont il ne veut de toutes façons plus. L'année prochaine il partira, c'est certain, mais pour aller où, il ne le sait pas.

[Allez viens, on y va pas...]

Tant pis. Il dit au revoir à ses « amis », se déconnecte. Retire son boxer, unique vêtement qu'il portait devant son ordinateur, et s'allonge sur son lit. Le temps d'envoyer un dernier texto à « Elle ». Celle à qui il parle depuis des mois maintenant. Il a vu ses photos. Elle a vu les siennes. C'est comme s'ils se connaissaient. A ceci près que ses photos à lui étaient un peu retouchées, mais pas tant que ça.

Il s'allonge, ferme les yeux, mais serre fort son téléphone à la main. Il attend Sa réponse.

[On a qu'à se cacher sous les draps...]

Et puis elle vient.

Me faire prendre là, maintenant tout de suite. Et m'en aller. Envie.

 

Il reste interdit. Referme un moment les yeux. C'est vrai que ce serait bien. Ce serait le rêve. Mais ce serait de la folie. Et d'un coup, dans sa tête, raisonnent les paroles et la musique d'une chanson. Leur chanson.

[Allez, viens on y va pas]

Il rouvre les yeux.

Il se rhabille.

Cherche sur internet où se trouve Grasse.

Il descend prendre sa voiture et quitte sa banlieue toulonnaise.

Il ne sait toujours pas ce qu'il fait.

[Allez viens, on y va pas]

 

Deux heures plus tard, il était en bas de chez elle. Elle reçut le texto aux alentours de trois heures du matin. Soit quatre heures avant de se lever pour aller en cours.

D'accord. Je sais pas exactement où tu habites. Mais je suis devant ta mairie. Fuyons.

Aussi excitée qu'intriguée, elle était descendue. Sans prendre une seule affaire de chez elle, elle était arrivée devant la voiture, sur la place de l'hôtel de ville. Ils s'étaient trouvés face à face. Enfin. Pas un mot ne fut échangé. Leurs cœurs battaient à l'unisson plus fort qu'aucun autre cœur sur cette petite planète. Leurs yeux se rapprochèrent. Leurs lèvres se touchèrent. Puis ils s'écartèrent. Ce n'était pas encore le moment. Ils montèrent dans la voiture tous deux, sans la moindre concertation. Mirent le cap vers l'Italie. Ils n'avaient pas d'argent. Pas de quoi se changer. Rien sur eux. Ils ne savaient pas du tout comment ils pourraient trouver de quoi se loger, ou se nourrir.

[On commandera des pizzas]

A vrai dire, ils s'en fichaient. Ils n'y pensaient même pas. Ils prirent l'autoroute et roulèrent jusqu'à ce qu'il tombe d'épuisement. Alors ils s'arrêtèrent, au bord d'une plage toscane, et s'allongèrent côte à côte. Alors ils se prirent dans les bras. Alors ils échangèrent quelques mots. Juste trois. Les seuls qui comptassent vraiment. Ils s'embrassèrent. Ils firent l'amour en se regardant dans les yeux, bercés par le doux ressac  à leur côté. Ils jouirent dans les bras l'un de l'autre. Sa dernière pensée Fut pour le contrôle où il devait normalement être à cette heure.

[Allez viens, on y va pas]

 

 

 

Cette histoire est certes une métaphore mais n'en est pas moins une histoire vraie. Oui, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. Ca ressemble à un conte de fées, mais les contes de fées existent, pour peu qu'on leur donne leur chance.

A toi qui m'a inspiré cette histoire par tes quelques mots, merci. Merci de m'avoir réveillé et fait croire en mes contes de fées. Merci de les réaliser chaque jour.






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Commentaires

Et merci à toi de nous faire croire aux contes de fées.
Commentaire n°1 posté par Martine le 05/06/2008 à 15h34
Ma vie est un conte de fées.
Pourquoi n'y croirais-je alors pas ?
Réponse de Medigane le 05/06/2008 à 20h46
T'as réussi à me faire pleurer par tes mots.
Commentaire n°2 posté par Sandy le 15/06/2009 à 21h03
Réponse de Medigane le 15/06/2009 à 21h08
C'est toi, c'est moi, c'est nous, c'est notre histoire.

Et nôtre chanson... :)
Commentaire n°3 posté par Sandy le 15/06/2009 à 21h18
J'ai quand même été bête de dire ça le 15 juin... J'étais vraiment naïve, tu as raison. Ca me fait presque rire :)
Commentaire n°4 posté par S. le 08/11/2009 à 20h40
 
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